Mycènes
Mycènes, dominant la plaine d'Argolide, fut l'un des principaux centres de la civilisation mycénienne à la fin de l'âge du bronze. Sa citadelle conserve murailles cyclopéennes, porte des Lionnes, palais, tombes royales et vestiges religieux. Associée dans la mythologie à Agamemnon, elle compte parmi les sites archéologiques majeurs de Grèce.
Mycènes, la grande citadelle des rois achéens
Dominant la plaine d'Argolide depuis un éperon rocheux, Mycènes fut l'un des principaux centres palatiaux de la Grèce à la fin de l'âge du bronze et a donné son nom à la civilisation mycénienne. Occupé dès le Néolithique, le site prit une importance nouvelle vers 1700-1600 av. J.-C., lorsque se constituèrent les premières élites dont témoignent les riches tombes des cercles funéraires. La citadelle atteignit son apogée aux XIVe et XIIIe siècles av. J.-C. : palais, fortifications monumentales, sanctuaires et grands tombeaux exprimaient alors la puissance d'un royaume intégré à de vastes réseaux d'échanges méditerranéens. Après les destructions de la fin du XIIIe siècle, le système palatial déclina avant l'abandon du centre vers 1100 av. J.-C. Mycènes et Tirynthe sont inscrites ensemble au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999.
Histoire et fouilles de Mycènes
Vue sur Mycènes
Après la disparition du royaume mycénien, le site ne fut jamais complètement oublié. Les fortifications demeurèrent visibles et Pausanias décrivit encore Mycènes au IIe siècle de notre ère. Après l'indépendance de la Grèce, l'archéologue Kyriakos Pittakis dégagea la porte des Lionnes en 1841. En 1876, Heinrich Schliemann entreprit la fouille du cercle funéraire A et mit au jour cinq tombes à fosse renfermant un mobilier exceptionnel : masques et ornements d'or, armes, bijoux, coupes et objets de prestige. Panagiotis Stamatakis poursuivit les travaux et dégagea la sixième tombe. Les recherches menées par la suite révélèrent progressivement le palais, les nécropoles, les quartiers d'habitation et le centre religieux.
Parmi les découvertes de 1876 figure le fameux « masque d'Agamemnon », aujourd'hui conservé au Musée archéologique national d'Athènes. L'objet appartient cependant au XVIe siècle av. J.-C. et précède donc de plusieurs siècles l'époque traditionnellement associée à la guerre de Troie. Les tombes et leur extraordinaire mobilier témoignent surtout de la richesse d'une aristocratie mycénienne déjà puissamment insérée dans les échanges du monde égéen et méditerranéen.
Site archéologique de Mycène, parcours et musée
Porte des Liones
La visite commence au pied de la citadelle, dont les énormes murailles cyclopéennes épousent le relief rocheux. Édifiées en plusieurs phases à partir du XIVe siècle av. J.-C., elles sont composées de blocs si massifs que les Grecs des siècles suivants attribuèrent leur construction aux Cyclopes. L'impression de forteresse est renforcée par la situation stratégique de Mycènes, qui domine la plaine d'Argos et contrôlait les voies reliant l'intérieur de l'Argolide au golfe.
L'entrée principale s'effectue par la célèbre porte des Lionnes, aménagée au XIIIe siècle av. J.-C. entre deux puissants bastions. Un gigantesque linteau supporte un triangle de décharge dans lequel deux félins dressés encadrent une colonne. Ce relief monumental, probablement lié à l'affirmation du pouvoir royal, est l'un des témoignages les plus remarquables de la sculpture monumentale mycénienne et demeure l'emblème du site.
Cercle A des Tombes
Immédiatement après la porte apparaît le cercle funéraire A. Ses six tombes à fosse sont antérieures aux grandes fortifications et furent intégrées à la citadelle lors de son agrandissement au XIIIe siècle av. J.-C., probablement en relation avec le culte des ancêtres. C'est dans cet ensemble que furent retrouvés les objets d'or découverts par Schliemann et Stamatakis, aujourd'hui en grande partie exposés à Athènes.
Le parcours monte ensuite entre les vestiges de maisons, d'ateliers et d'espaces religieux. Sur le versant sud-ouest s'étendait le centre cultuel, composé de plusieurs bâtiments sacrés. Plus haut, au sommet de l'acropole, le palais occupait une série de terrasses dominant largement le paysage. Son cœur était le mégaron, grande salle officielle organisée autour d'un foyer central et précédée d'un vestibule et d'un portique. Les murs ne subsistent souvent qu'à faible hauteur, mais leur plan permet encore de comprendre l'organisation générale du centre politique, administratif et religieux de la cité.
Tombe de Clytemnestre
À l'extrémité nord-est de l'enceinte, un couloir et un escalier en encorbellement descendent vers une citerne souterraine située à environ dix-huit mètres sous le niveau du sol. Intégré à la dernière extension des fortifications vers 1200 av. J.-C., ce dispositif permettait aux habitants d'accéder à une source située hors des murailles tout en restant protégés en cas de siège. À proximité s'ouvre la porte Nord, plus petite que la porte des Lionnes mais construite selon un principe comparable.
La cité s'étendait largement au-delà de l'acropole. À l'ouest se trouve le cercle funéraire B, plus ancien que le cercle A, ainsi que plusieurs maisons et ateliers appartenant à l'agglomération établie au pied de la forteresse. Autour de Mycènes ont également été découvertes neuf tombes monumentales à tholos, précédées d'un long couloir ou dromos. Elles permettent de suivre le développement d'une architecture funéraire de plus en plus monumentale destinée aux élites.
Trésor d'Atrée
La plus impressionnante est le Trésor d'Atrée, traditionnellement appelé « tombe d'Agamemnon » bien qu'aucun élément ne permette de l'associer au souverain légendaire. Son long dromos conduit à une entrée monumentale surmontée d'énormes blocs, puis à une vaste chambre circulaire couverte d'une haute voûte en encorbellement. Les tombes dites de Clytemnestre, d'Égisthe et des Lionnes illustrent d'autres étapes de l'évolution de cette architecture funéraire.
Le Musée archéologique de Mycènes, installé directement sur le site, complète le parcours avec des objets provenant de l'acropole, des nécropoles et de l'habitat : céramiques, figurines, sceaux et objets liés à la vie quotidienne, aux croyances et aux pratiques funéraires. Les pièces d'or les plus célèbres découvertes dans le cercle A sont cependant conservées au Musée archéologique national d'Athènes. La visite du musée permet ainsi de replacer les fortifications, les tombes et les vestiges souvent arasés du palais dans leur contexte historique et humain.
Galerie
Porte des Liones
Tombe de Clytemnestre
Tombe de Clytemnestre
Une citerne
Mycènes
Porte des Liones
Trésor d'Atrée
Cercle A des Tombes
Sources et informations
Sources : Éphorie des Antiquités d'Argolide – Acropole de Mycènes ; Ministère grec de la Culture – Site archéologique de Mycènes ; Direction des Musées archéologiques de Grèce – Musée archéologique de Mycènes ; UNESCO – Sites archéologiques de Mycènes et de Tirynthe.