Methoni et Koroni

Methoni impressionne davantage par la monumentalité et la conservation de son immense forteresse, tandis que Koroni séduit par la continuité entre le château habité, la vieille ville et le port. Ensemble, elles constituent le meilleur témoignage de l'importance prise par la Messénie sur les routes maritimes vénitiennes du Moyen Âge et du début de l'époque moderne.

Forteresse de Methoni

Forteresse de Methoni (Commons Wikipedia)

À l'extrémité sud-ouest de la Messénie, Methoni et Koroni gardent chacune une péninsule tournée vers les grandes routes maritimes de Méditerranée. Pendant plusieurs siècles, ces deux ports fortifiés furent parmi les possessions les plus importantes de Venise dans le Péloponnèse, au point d'être qualifiés d'« yeux de Venise » vers l'Orient. Aujourd'hui, leurs châteaux spectaculaires, leurs petites villes et les plages qui les entourent forment l'un des plus beaux itinéraires du littoral messénien.

Methoni et son immense cité fortifiée

Methoni occupe un promontoire naturel face aux îles de Sapienza et Schiza. Son port était une escale privilégiée sur les routes reliant l'Adriatique, la Méditerranée orientale et la Terre sainte. Après la quatrième croisade, Venise prit possession de Methoni et Koroni ; le traité de Sapienza de 1209 confirma officiellement sa souveraineté sur les deux places.

La domination vénitienne transforma Methoni en un grand port commercial et militaire. Marchands, diplomates, fonctionnaires et pèlerins y faisaient escale pour se ravitailler ou réparer leurs navires. Cette prospérité prit brutalement fin en 1500, lorsque le sultan Bayezid II s'empara de la ville après un siège meurtrier. Les Vénitiens la reprirent en 1686 avant de la perdre définitivement au profit des Ottomans en 1715.

La forteresse de Methoni, qui couvre environ neuf hectares, est aujourd'hui l'un des ensembles fortifiés les plus impressionnants de Grèce. Un large fossé la sépare du continent ; on le franchit par un monumental pont de pierre à quatorze arches, construit par le corps expéditionnaire français après 1828. Derrière la porte vénitienne s'étend l'ancienne ville fortifiée, où subsistent murailles, bastions, bains ottomans, citernes, ruines d'églises et la colonne dite de Morosini.

Au bout de la presqu'île, une chaussée de pierre conduit au Bourtzi, petite tour octogonale isolée par la mer devenue l'emblème de Methoni. Contrairement à une idée répandue, cet ouvrage date principalement de la première domination ottomane, après 1500 ; il servit successivement de poste de garde, refuge, prison et phare.

La petite ville moderne s'est développée hors des remparts après l'indépendance grecque. Elle conserve un plan paisible, quelques bâtiments néoclassiques et une plage de sable directement tournée vers le château. Dans les environs proches, les catacombes paléochrétiennes d'Agios Onoufrios, creusées dans la roche, constituent un complément patrimonial plus discret.

Koroni, une forteresse encore habitée

Sur l'autre rive de la péninsule messénienne, Koroni domine le golfe de Messénie depuis un promontoire couvert de maisons et de jardins. L'occupation du secteur remonte à l'Antiquité et le château semble avoir succédé à une fortification byzantine. Passée sous domination vénitienne au début du XIIIe siècle, la place devint un port prospère accueillant marchands et pèlerins sur la route de l'Orient.

Les Vénitiens agrandirent considérablement les fortifications et firent de Koroni une véritable ville fortifiée. Après la chute de Methoni en 1500, ses habitants préférèrent se rendre aux Ottomans, et nombre d'entre eux s'exilèrent vers les îles Ioniennes. Comme Methoni, Koroni revint brièvement sous domination vénitienne entre 1685 et 1715, avant de rester ottomane jusqu'à la guerre d'indépendance.

Le château se distingue surtout par son ampleur et par son caractère vivant : Koroni est la seule forteresse de Messénie encore partiellement habitée. Ses deux enceintes conservent murailles, tours et bastions de différentes époques. À l'intérieur se trouvent notamment les ruines d'une grande basilique, l'église d'Agios Charalambos et le monastère de Timios Prodromos, entouré de jardins.

Au pied de la forteresse, Koroni possède davantage qu'un simple site archéologique. Ses ruelles, maisons aux toits de tuiles, balcons, petites places et front de mer donnent à la ville une atmosphère presque insulaire. Le port est bordé de tavernes et de cafés, tandis que les longues plages de Zaga et Memi s'étendent au sud des murailles.

Entre Methoni et Koroni

La route entre les deux villes traverse l'extrémité sud de la Messénie et permet de rejoindre Finikounda, petite station tournée vers une baie sableuse, ainsi que de nombreuses plages et criques. Le secteur est suffisamment compact pour associer les deux forteresses au cours d'un même séjour, mais chacune mérite plusieurs heures afin de parcourir les remparts et les villes qui se sont développées à leurs pieds.

Sources : Ministère grec de la Culture – Château de Methoni ; Ministère grec de la Culture – Château de Koroni ; Visit Peloponnese – Forteresse de Methoni ; Visit Peloponnese – Forteresse de Koroni ; Visit Peloponnese – Koroni ; Visit Peloponnese – Littoral de Methoni, Finikounda et Koroni.

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Hébergements à Methoni et Koroni

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