Patras

Patras, troisième ville de Grèce et capitale de l'Achaïe, port majeur du golfe de Patras vers l'Italie et les îles Ioniennes, connue pour sa vieille ville, sa citadelle et son carnaval.

Patras, grande ville portuaire et porte occidentale du Péloponnèse

Vue sur Patras depuis la mer

Vue sur Patras depuis la mer

À l'extrémité nord-ouest du Péloponnèse, Patras est la principale ville d'Achaïe et la troisième grande ville de Grèce. Étendue entre les pentes du Panachaïko et le golfe de Patras, elle doit depuis l'Antiquité une grande partie de son importance à son port, aujourd'hui encore l'une des principales portes maritimes de la Grèce vers l'Italie et l'Europe occidentale. Moins immédiatement séduisante que Nauplie, elle possède cependant un patrimoine antique, byzantin et néoclassique suffisamment riche pour justifier une véritable étape.

De la Patras romaine à la ville moderne

Occupée depuis la Préhistoire, Patras connut surtout une importante prospérité sous l'Empire romain. Auguste en fit une colonie romaine à la fin du Ier siècle av. J.-C. et sa situation sur les routes maritimes reliant la Grèce à l'Italie favorisa son développement. La ville se dota alors de grands équipements publics : stade, odéon, thermes, aqueduc, ponts et installations portuaires.

Selon la tradition chrétienne, l'apôtre saint André prêcha à Patras et y subit le martyre au Ier siècle. Devenue un important centre chrétien, la ville passa ensuite sous domination byzantine, franque, vénitienne puis ottomane. Elle fut presque entièrement dévastée au cours des combats de la guerre d'indépendance de 1821 et libérée en 1828. Dès 1829, un nouveau plan urbain dessiné par Stamatis Voulgaris organisa sa reconstruction autour de rues rectilignes et de grandes places.

Odéon romain et vestiges de la ville antique

Le principal monument antique est le grand Odéon romain, construit dans la première moitié du IIe siècle apr. J.-C. sur les pentes de la ville haute. Pausanias en vantait la richesse de la décoration. Restauré, il conserve ses gradins, son orchestra et l'imposant mur de scène et peut aujourd'hui accueillir plus de 2 000 spectateurs lors de manifestations culturelles.

À proximité apparaissent progressivement les vestiges du stade romain, vaste construction d'environ 200 mètres de longueur édifiée à la fin du Ier siècle apr. J.-C. D'autres traces de la ville romaine sont dispersées dans Patras, notamment des portions de voies, de nécropoles et de l'aqueduc attribué à l'époque d'Hadrien, qui amenait l'eau jusqu'à l'acropole sur plusieurs kilomètres.

Le château et la ville haute

Au-dessus du centre s'élève le château de Patras, construit au VIe siècle sous Justinien sur l'emplacement de l'ancienne acropole. Francs, Byzantins, Vénitiens et Ottomans l'ont successivement occupé et remanié. Ses murailles et son enceinte plantée d'arbres dominent aujourd'hui la ville et le golfe et offrent l'un des meilleurs panoramas de Patras.

La ville haute qui l'entoure conserve davantage de caractère que certains secteurs modernes du centre : escaliers monumentaux, petites rues, demeures anciennes et églises s'y succèdent. En redescendant, les grandes places et rues piétonnes de la ville basse rappellent le plan néoclassique adopté après l'indépendance. La place Georgiou est notamment dominée par le théâtre Apollon, élégant édifice néoclassique inauguré en 1872.

Saint-André et le patrimoine religieux

Près du front de mer se dressent les deux églises consacrées à saint André. L'ancienne basilique fut construite entre 1836 et 1843, tandis que l'immense église moderne voisine, commencée en 1908 et inaugurée en 1974, est devenue l'un des grands lieux de pèlerinage orthodoxe de Grèce. Elles occupent le secteur traditionnellement associé au martyre de l'apôtre et conservent des reliques qui lui sont attribuées.

Le Musée archéologique de Patras

Le Musée archéologique de Patras constitue l'une des visites les plus intéressantes de la ville. Ses collections couvrent l'histoire de Patras et de l'ouest de l'Achaïe depuis la Préhistoire jusqu'à la fin de l'Antiquité. Elles sont particulièrement riches pour la période romaine, avec sculptures, objets funéraires et surtout de remarquables mosaïques provenant de villas romaines, ornées de scènes mythologiques et de motifs figuratifs.

Patras et ses environs

Au nord-est de la ville, le spectaculaire pont de Rio-Antirrio, inauguré en 2004, franchit le golfe de Corinthe et relie directement le Péloponnèse à la Grèce centrale. À Rio subsiste également une forteresse construite à la fin du XVe siècle pour contrôler ce passage stratégique.

À quelques kilomètres du centre, le site archéologique de Voundeni conserve un important habitat et une vaste nécropole mycénienne. Patras constitue enfin une bonne base pour poursuivre vers les montagnes de Kalavryta et les gorges du Vouraïkos ou, vers le sud, rejoindre l'Élide et Olympie. La ville elle-même se visite aisément en une journée, davantage si l'on souhaite profiter de son musée, de sa vie urbaine et de ses environs.

Sources et informations

Sources : Visit Greece – Patras ; Municipalité de Patras – Histoire de la ville ; Éphorie des Antiquités d'Achaïe – Odéon romain de Patras ; Ministère grec de la Culture – Château de Patras ; Ministère grec de la Culture – Musée archéologique de Patras ; GEFYRA – Pont de Rio-Antirrio.

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