Mégare et la Mégaride

La Mégaride, à l’extrémité occidentale de l’Attique, ouvre sur deux golfes, le Saronique et celui de Corinthe. Mégare, ancienne cité commerçante fondatrice de colonies, conserve la fontaine de Théagène et un musée ; plus au nord, les ruines de Pagae et la forteresse d’Ægosthènes, près de Porto Germeno, se rejoignent de préférence en voiture.

À l’extrémité occidentale de l’Attique, entre Athènes et l’isthme de Corinthe, la Mégaride est une région historique ouverte sur deux mers : le golfe Saronique au sud et le golfe de Corinthe au nord-ouest. Autour de Mégare (Megara), ancienne cité grecque indépendante, elle associe plaines agricoles, oliveraies séculaires, montagnes boisées et littoral découpé. Moins connue que les grandes destinations du Péloponnèse, elle possède pourtant plusieurs monuments antiques et byzantins remarquables.

La ville de Mégare, à une quarantaine de kilomètres d’Athènes, conserve les traces de son passé antique dans ses quartiers anciens et son musée archéologique. Plus au nord, des routes traversant les collines conduisent aux ruines de Pagae et à la spectaculaire forteresse d’Ægosthènes, près de Porto Germeno. Les églises byzantines de l’Éléonas, les villages de pêcheurs et les plages des deux golfes complètent la découverte. Une voiture permet de parcourir plus facilement ce territoire étendu, dont les sites les plus intéressants peuvent occuper une journée entière, voire davantage.

Mégare, une puissante cité grecque

Grâce à sa situation entre deux mers, Mégare devint dès les VIIIe et VIIe siècles av. J.-C. une importante cité commerçante et maritime. Son territoire disposait de deux ports fortifiés : Nisée (Nisaia), sur le golfe Saronique, et Pagae, sur le golfe de Corinthe. Ses habitants participèrent activement à la colonisation grecque, fondant notamment Mégara Hyblaea en Sicile, ainsi que des établissements sur le Bosphore, dont Byzance, future Constantinople.

Au VIe siècle av. J.-C., la cité connut la tyrannie de Théagène, puis différentes formes de gouvernement. Longtemps rivale d’Athènes et de Corinthe, elle occupait une position stratégique qui lui valut de nombreux conflits. Pendant la guerre du Péloponnèse, son alliance avec Sparte et les restrictions commerciales imposées par Athènes contribuèrent aux tensions entre les deux puissances.

Les vestiges de Mégare et la fontaine de Théagène

La ville antique s’étendait autour de deux acropoles, celles d’Alcathoos et de Caria. La plupart de ses monuments ont disparu sous la ville moderne, mais quelques vestiges se découvrent encore au détour des rues et sur les hauteurs. La colline d’Alcathoos, dans le vieux Mégare, offre notamment un panorama sur la plaine, le golfe Saronique et les montagnes environnantes.

Le monument antique le plus remarquable est la fontaine de Théagène ★★, vaste construction hydraulique du début du Ve siècle av. J.-C. Longue d’environ 21 mètres, elle possédait un réservoir couvert dont la toiture reposait sur 35 piliers octogonaux. Deux bassins alimentés séparément permettaient d’assurer l’approvisionnement en eau pendant les opérations de nettoyage ou d’entretien : un remarquable témoignage de l’ingénierie grecque.

Le musée archéologique de Mégare, installé dans un bâtiment néoclassique du XIXe siècle, présente sculptures, reliefs, inscriptions, stèles funéraires, céramiques et objets de la vie quotidienne, datés principalement du VIIIe siècle av. J.-C. au IIe siècle apr. J.-C. Ses collections permettent de mieux comprendre une cité dont les grands monuments sont aujourd’hui largement dispersés ou disparus.

La forteresse d’Ægosthènes à Porto Germeno

Au fond d’une baie du golfe de Corinthe, à Porto Germeno, l’antique Ægosthènes (Aigosthena) ★★ conserve l’un des plus impressionnants ensembles fortifiés de Grèce. Construite dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C., sa forteresse contrôlait les routes reliant le Péloponnèse à la Béotie, ainsi que les communications maritimes.

L’acropole fortifiée occupe une colline dominant la baie. Ses puissants remparts, flanqués de tours quadrangulaires, descendaient autrefois jusqu’au port pour protéger la ville basse. La tour sud-est ★, haute d’environ 18 mètres et restaurée, constitue un témoignage exceptionnel de l’architecture militaire grecque : ses trois niveaux intérieurs peuvent être parcourus lorsque le monument est ouvert à la visite.

Le site conserve également les vestiges d’une basilique paléochrétienne à cinq nefs, avec des fragments de mosaïques, ainsi qu’une petite église byzantine dédiée à la Vierge ou à sainte Anne. Dans l’acropole, l’église d’Agios Georgios et les anciennes cellules monastiques rappellent la réoccupation religieuse de la forteresse au Moyen Âge.

Pagae et les anciennes défenses de la Mégaride

Près de l’actuel Kato Alepochori subsistent les vestiges de Pagae (Pagai) ★, ancien port de Mégare sur le golfe de Corinthe. La ville, importante durant la guerre du Péloponnèse, devint indépendante à l’époque hellénistique et rejoignit la Ligue achéenne.

Son acropole, près de la chapelle de Zoodochos Pigi, conserve des portions de remparts, des tours et des portes. Deux longues murailles descendaient autrefois vers la mer pour protéger le port. Des nécropoles antiques ont également été découvertes aux environs. Le site, dont les vestiges sont assez dispersés, intéressera surtout les amateurs d’archéologie et d’histoire militaire.

Les églises byzantines de l’Éléonas

Au nord de Mégare, l’Éléonas est une vaste oliveraie ancienne, parsemée de petites églises médiévales. Certaines furent élevées sur des emplacements antiques, en réutilisant des matériaux de constructions plus anciennes.

Le monument le plus remarquable est l’église de la Métamorphose du Sauveur (Metamorfosi Sotiros) ★, appelée localement Christos, un édifice byzantin à coupole. Non loin se trouve Agios Athanasios, dont les fresques conservent des éléments du XIIIe siècle. L’église d’Agios Georgios, datant du XIIe siècle et aujourd’hui partiellement ruinée, complète cet ensemble religieux peu connu, au milieu d’un paysage d’oliviers centenaires.

Ports, plages et paysages de la Mégaride

Sur le golfe Saronique, le petit port de pêche de Pachi est une halte agréable pour ses tavernes et ses terrasses face aux bateaux. À proximité, la zone humide de Vourkari accueille notamment des oiseaux migrateurs. Néa Peramos, plus à l’est, conserve également une tradition maritime et des restaurants de poissons et fruits de mer.

Sur le golfe de Corinthe, les stations de Kineta et d’Alepochori possèdent de longues plages de sable et de galets. Plus au nord, Psatha et Porto Germeno offrent des paysages de baies entourées de montagnes, avec des eaux propices à la baignade. Les reliefs du Géranée, du Patéras et du Cithéron dessinent à l’arrière-plan un territoire plus sauvage, parcouru de routes panoramiques et de sentiers.

Carte et lieux de la Mégare et la Mégaride

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