Céphalonie
Par sa taille et son relief, Céphalonie se prête davantage à une exploration itinérante qu'à un séjour limité à une seule station balnéaire. Myrtos, Melissani, le mont Ainos, Assos et Fiskardo en sont les images les plus connues, mais le château Saint-Georges, Sami, les vignobles de l'intérieur et les petites criques permettent de découvrir une île plus variée, où la nature occupe souvent une place plus importante que le patrimoine bâti.
Céphalonie, montagnes et eaux turquoise des îles Ioniennes
Côte de Céphalonie
Céphalonie (Kefalonia) est la plus grande des îles Ioniennes. Montagneuse, profondément découpée et essentiellement calcaire, elle offre des paysages souvent spectaculaires, où les falaises blanches émergent de la mer tandis que grottes, gouffres et lacs souterrains témoignent d'un important relief karstique. Plus étendue et moins densément urbanisée que Corfou, c'est une des grandes destinations touristiques de l'archipel tout en conservant de vastes zones sauvages.
Une île dominée par le mont Ainos
Le relief est dominé au sud-est par le mont Ainos, point culminant des îles Ioniennes avec 1 627 mètres au Megas Soros. Ses pentes sont couvertes par une importante forêt de sapin de Céphalonie, arbre endémique de Grèce, qui n'est pas propre à l'île contrairement à ce qu'indique son nom, se rencontrant aussi sur le continent et le Péloponnèse. L'Ainos constitue toutefois sa localité botanique de référence, où l'espèce fut décrite scientifiquement au XIXe siècle.
Le paysage change fortement d'une partie de l'île à l'autre : vignobles et oliveraies occupent les vallées, tandis que la côte occidentale est dominée par de hautes falaises calcaires. La plage de Myrtos, vaste croissant de galets blancs entre deux versants abrupts, en est devenue l'image emblématique.
Son panorama depuis la route est exceptionnel, même si la forte fréquentation estivale, l'accès en pente raide et une mer parfois agitée rendent l'expérience moins paisible que ne le suggèrent les photographies. Petani, Antisamos, Xi ou encore les petites criques du nord offrent des paysages très différents.
Melissani, Drogarati et les curiosités du sous-sol
Le calcaire de Céphalonie est parcouru par un remarquable réseau de cavités. Près de Sami, le lac souterrain de Melissani occupe une vaste cavité dont une partie de la voûte s'est effondrée, permettant à la lumière d'illuminer directement ses eaux bleu-vert. La visite s'effectue en petite barque. Non loin, la grotte de Drogarati se distingue par ses stalactites, ses stalagmites et les dimensions de sa grande salle.
D'Argostoli aux villages du nord
Argostoli, la capitale, s'étend autour d'une profonde baie sur la côte occidentale. La ville actuelle est largement le produit de la reconstruction qui suivit le terrible séisme d'août 1953. Une succession de secousses culmina le 12 août et dévasta Céphalonie, Ithaque et Zante. L'essentiel de l'architecture ancienne d'Argostoli disparut alors, ce qui explique le contraste avec Corfou, beaucoup mieux préservée.
Le nord offre en revanche quelques-uns des paysages urbains les plus séduisants de l'île. Fiskardo, relativement épargné en 1953, conserve des maisons anciennes colorées autour de son petit port. Plus au sud, Assos occupe une étroite langue de terre dominée par une vaste forteresse vénitienne commencée en 1593. Son emplacement entre mer, collines boisées et péninsule fortifiée en fait l'un des sites les plus pittoresques de Céphalonie.
Le sud et la vallée d'Omala
Costa di Cefalonia, Public domain, via Wikimedia Commons
Le patrimoine religieux est notamment représenté par le monastère de Saint-Gérasime, patron de Céphalonie, dans la vallée d'Omala. Cette même région est l'un des principaux secteurs viticoles de l'île : le cépage blanc Robola, cultivé sur des terrains pierreux et calcaires, constitue l'une des productions les plus caractéristiques de Céphalonie.
Une histoire entre monde grec, Italie et Venise
Dans l'Antiquité, Céphalonie était divisée entre plusieurs cités, traditionnellement réunies sous le nom de Tétrapole : Same, Krani, Pale et Pronnoi. Les vestiges de l'ancienne Same, au-dessus de la ville moderne de Sami, comprennent notamment des fortifications et deux anciennes acropoles ; une collection archéologique présente aujourd'hui les trouvailles de la région, depuis l'âge du Bronze jusqu'à l'époque byzantine.
Après les périodes romaine et byzantine, l'île fut conquise en 1184 par Margaritus de Brindisi, amiral du royaume normand de Sicile. Elle devint le centre du comté palatin de Céphalonie et Zante, dominé successivement par les familles Orsini et Tocco ainsi que par les souverains angevins de Naples. Le château Saint-Georges, au sud-est d'Argostoli, en fut le principal centre administratif et militaire. Après de brèves occupations ottomanes à la fin du XVe siècle, Céphalonie fut conquise par Venise en 1500 et resta vénitienne jusqu'à la chute de la République en 1797.
Les passages français, la République des Sept-Îles puis la domination britannique précédèrent finalement le rattachement des îles Ioniennes à la Grèce en 1864. L'héritage vénitien demeure surtout perceptible dans les forteresses de Saint-Georges et d'Assos ainsi qu'à Fiskardo, les séismes ayant fait disparaître une grande partie des centres anciens.
Une île devenue célèbre bien au-delà de la Grèce
Céphalonie fut aussi marquée par l'occupation italienne durant la Seconde Guerre mondiale et par les événements tragiques de septembre 1943. Cette période fournit le cadre du roman de Louis de Bernières La Mandoline du capitaine Corelli, publié en 1994. Son adaptation cinématographique de 2001, avec Nicolas Cage et Penélope Cruz, fut en grande partie tournée sur l'île et contribua à faire connaître internationalement ses paysages.
Sources : Visit Greece – Kefalonia ; O.FY.PE.K.A. – Parc national de l'Ainos ; Géoparc Céphalonie-Ithaque – Histoire et patrimoine ; Géoparc Céphalonie-Ithaque – Katavothres d'Argostoli ; Ministère grec de la Culture – Château Saint-Georges ; Ministère grec de la Culture – Forteresse d'Assos.