Plaka, Anafiotika, Monastiraki et l'Athènes romaine
Au pied de l'Acropole, Plaka, Anafiotika et Monastiraki forment le cœur ancien d'Athènes : ruelles pavées, maisons néoclassiques, petites églises byzantines et marchés. L'Agora romaine, la Tour des vents et la bibliothèque d'Hadrien y rappellent l'Athènes de l'époque impériale.
Au pied nord et est de l'Acropole, Plaka, Anafiotika et Monastiraki forment le cœur historique le plus agréable à parcourir à pied à Athènes. Sur quelques centaines de mètres se superposent vestiges antiques, églises byzantines, traces de la période ottomane, maisons néoclassiques et rues commerçantes. L'Agora romaine et la bibliothèque d'Hadrien s'insèrent directement dans ce tissu urbain, ce qui permet de comprendre de manière particulièrement concrète la continuité de la ville depuis l'Antiquité.
Pour une visite cohérente, il est possible de partir de Monastiraki, de rejoindre la bibliothèque d'Hadrien puis l'Agora romaine et la tour des Vents, avant de remonter progressivement à travers Plaka vers Anafiotika. L'ensemble peut se parcourir en quelques heures, mais les sites archéologiques, églises et musées invitent facilement à y consacrer une demi-journée.
Plaka, le vieux quartier au pied de l'Acropole
Plaka ★★ s'étend sur les pentes nord et est de l'Acropole jusqu'aux abords de Monastiraki. Ses ruelles, escaliers, petites places et maisons des XVIIIe et XIXe siècles contrastent avec les quartiers plus modernes de la capitale. La rue Adrianou constitue l'un de ses principaux axes, mais les secteurs les plus intéressants se découvrent souvent dans les rues secondaires, parmi les demeures néoclassiques et les petites églises.
Le quartier conserve plusieurs monuments byzantins et post-byzantins, dont l'église Agios Nikolaos Rangavas, ainsi que la maison Benizelos, rare demeure athénienne de l'époque ottomane conservée. Plus au sud, le monument chorégique de Lysicrate, élevé en 334 av. J.-C., rappelle les concours dramatiques de l'Athènes classique.
Anafiotika, un village des Cyclades au cœur d'Athènes
Anafiotika, Plaka
Accroché directement sous le versant nord-est de l'Acropole, Anafiotika ★ forme un minuscule ensemble de maisons blanchies à la chaux, de passages étroits et d'escaliers qui évoquent davantage les Cyclades que la capitale grecque. Le quartier fut créé au XIXe siècle par des ouvriers originaires notamment de l'île d'Anafi, venus travailler à la construction de la nouvelle capitale.
Ses petites maisons cubiques, leurs cours et leurs murs blancs constituent aujourd'hui l'un des paysages les plus inattendus d'Athènes. Anafiotika est toutefois un quartier résidentiel toujours habité : sa visite se prête davantage à une courte promenade discrète qu'à un parcours touristique organisé.
L'Agora romaine et la tour des Vents
Tour des Vents, ou horloge d'Andronicos
Entre Plaka et Monastiraki s'étend l'Agora romaine, construite principalement entre 19 et 11 av. J.-C. grâce aux financements initiés par Jules César puis Auguste. Elle prit progressivement le relais d'une partie des fonctions commerciales de l'Agora antique. Son entrée occidentale est marquée par la monumentale porte d'Athéna Archégétis, à quatre colonnes doriques.
Le monument le plus remarquable du site est la tour des Vents ★★★, édifiée vers le Ier siècle av. J.-C. par l'astronome Andronikos de Kyrrhos. Cette tour octogonale en marbre combinait girouette, cadrans solaires et horloge hydraulique. Les huit faces sont ornées de reliefs personnifiant les vents selon la direction d'où ils soufflent. Considérée comme l'un des plus anciens monuments météorologiques connus, elle fut ensuite utilisée notamment par des derviches durant la période ottomane.
La bibliothèque d'Hadrien
À quelques pas de l'Agora romaine, l'empereur Hadrien fit construire en 132 apr. J.-C. un vaste complexe culturel entouré de hauts murs. La bibliothèque d'Hadrien ★★ abritait livres et archives, mais aussi des espaces destinés à l'enseignement et aux conférences. Sa grande cour intérieure était entourée de portiques et sa façade monumentale était rythmée par une longue colonnade.
Le site connut de nombreuses transformations après l'Antiquité. Des églises chrétiennes furent successivement construites dans sa cour, tandis que sous les Ottomans le complexe servit notamment de siège administratif. Il constitue ainsi, à lui seul, un bon résumé des multiples vies du centre d'Athènes.
Bibliothèque d'Hadrien
Tour des Vents, ou horloge d'Andronicos
Bibliothèque d'Hadrien
Porte d'Athéna et acropole
Agora d'Athènes
Monastiraki, carrefour de plusieurs Athènes
Panagía Kapnikaréa à Athènes
La place Monastiraki constitue l'aboutissement naturel de cette promenade. Son nom, qui signifie « petit monastère », vient d'un ancien ensemble religieux dont subsiste l'église de la Pantanassa. Face à elle, la mosquée Tzistarakis, construite au XVIIIe siècle, rappelle près de quatre siècles de domination ottomane. Derrière la place apparaissent simultanément la bibliothèque d'Hadrien et l'Acropole, offrant l'une des meilleures illustrations de la superposition des époques athéniennes.
Monastiraki reste aussi l'un des quartiers les plus animés du centre, autour de la rue Adrianou, du marché aux puces et des rues commerçantes qui rejoignent Psyrri. L'intérêt du secteur tient moins à un monument unique qu'à la juxtaposition constante de l'Athènes antique, romaine, byzantine, ottomane et contemporaine.
En remontant la rue Ermou vers Syntagma, on rencontre la Panagía Kapnikaréa ★, petite église byzantine probablement édifiée au XIe siècle et aujourd'hui isolée au milieu de l'une des rues commerçantes les plus animées d'Athènes. Son architecture et ses décors rappellent que le centre de la ville conserva une importante continuité religieuse entre Antiquité, Byzance et époque moderne.
Sources : Ministère grec de la Culture – Unification des sites archéologiques d'Athènes ; This is Athens – Plaka ; This is Athens – Agora romaine ; This is Athens – Tour des Vents ; This is Athens – Bibliothèque d'Hadrien ; This is Athens – Monastiraki.