Musée archéologique national d'Athènes

Le Musée archéologique national d'Athènes, le plus important de Grèce dans son domaine, rassemble des collections de tout le pays, de la Préhistoire à l'Antiquité tardive : trésors mycéniens dont le masque d'Agamemnon, sculptures, bronzes et céramiques.

Fresque d’une dame avec des papyrus de l’âge du bronze, fouille de la ville minoenne d’Akrotiri sur l’île grecque de Santorin.

Le Musée archéologique national d'Athènes est le plus grand musée archéologique de Grèce et l'un des plus importants au monde pour l'art de la Grèce antique. Contrairement au musée de l'Acropole, consacré à un seul grand site, ses collections proviennent de l'ensemble du territoire grec et permettent de parcourir plusieurs millénaires d'histoire, du Néolithique à l'Antiquité tardive.

Les premières collections nationales furent constituées dès 1829 à Égine. Après le transfert de la capitale à Athènes, les antiquités furent provisoirement dispersées dans plusieurs bâtiments avant la construction du musée actuel. Commencé en 1866 d'après les plans de Ludwig Lange, puis remanié notamment par Ernst Ziller, le vaste édifice néoclassique ouvrit ses collections au public à la fin du XIXe siècle.

Organiser la visite : La richesse des collections rend difficile une visite exhaustive. Pour une première découverte, il est judicieux de privilégier les salles mycéniennes, la grande sculpture grecque, les bronzes d'Artémision, le mécanisme d'Anticythère et les fresques de Théra. Deux à trois heures constituent un minimum raisonnable ; une demi-journée permet une visite beaucoup plus confortable. Le musée se trouve au 44 rue Patission, au nord du centre historique, à proximité d'Exarchia et de la place Omonia. Les horaires et tarifs évoluant selon les saisons, il est préférable de les vérifier sur le site officiel avant la visite.

Mycènes et les civilisations préhistoriques

La visite commence idéalement par les collections préhistoriques. Les salles consacrées à la civilisation mycénienne rassemblent les spectaculaires objets découverts dans les tombes royales de Mycènes : armes incrustées d'or et d'argent, bijoux, vases précieux, sceaux et masques funéraires.

La pièce la plus célèbre est le « masque d'Agamemnon » ★★★, masque funéraire en or découvert en 1876 par Heinrich Schliemann dans le cercle funéraire A de Mycènes. Son appellation est trompeuse : la tombe date du XVIe siècle av. J.-C., plusieurs siècles avant l'époque traditionnellement associée à la guerre de Troie.

Les collections préhistoriques comprennent également des figurines cycladiques en marbre, des objets néolithiques et des tablettes inscrites en linéaire B, offrant une remarquable introduction aux civilisations qui précédèrent la Grèce classique.

De la sculpture archaïque à l'époque romaine

La collection de sculptures permet ensuite de suivre presque sans interruption l'évolution de l'art grec entre le VIIe siècle av. J.-C. et l'Antiquité tardive. Les grands kouroi archaïques, aux poses encore rigides, laissent progressivement place au mouvement et au naturalisme de l'époque classique, puis à l'expressivité de la sculpture hellénistique.

Parmi les chefs-d'œuvre se distingue le grand bronze retrouvé au cap Artémision, représentant Zeus ou Poséidon ★★★, vers 460 av. J.-C. Le dieu est saisi dans le geste puissant qui précède le lancer de son attribut, aujourd'hui disparu, ce qui explique que son identification reste discutée.

Le spectaculaire Jockey de l'Artémision ★★, montrant un jeune cavalier lancé au galop sur son cheval, compte parmi les rares grandes sculptures grecques en bronze parvenues jusqu'à nous. Le musée conserve également l'Éphèbe d'Anticythère, le jeune homme de Marathon et de nombreux portraits, reliefs funéraires et statues provenant de sanctuaires de toute la Grèce.

La machine d'Anticythère

La collection de bronzes renferme l'un des objets les plus extraordinaires de l'Antiquité : la machine d'Anticythère ★★★. Retrouvé dans une épave antique au large d'Anticythère au début du XXe siècle, cet appareil à engrenages de bronze permettait d'effectuer des calculs astronomiques et calendaires.

Ses fragments, couverts d'inscriptions grecques et contenant un système complexe de roues dentées, témoignent d'un niveau technologique longtemps insoupçonné pour l'époque hellénistique. Des reconstitutions permettent de comprendre le fonctionnement probable de cet instrument, souvent présenté comme le plus ancien calculateur astronomique mécanique connu.

Les fresques de Théra et les arts de la vie quotidienne

À l'étage, les objets provenant de l'antique Akrotiri à Santorin constituent un autre ensemble majeur. L'éruption volcanique du IIe millénaire av. J.-C. conserva sous les cendres maisons, objets et peintures murales exceptionnelles.

La Fresque du Printemps ★★, avec ses lys rouges, ses rochers colorés et ses hirondelles, compte parmi les plus anciennes grandes représentations connues d'un paysage naturel. Les fresques des jeunes boxeurs et des antilopes montrent elles aussi le raffinement artistique de la civilisation égéenne de l'âge du Bronze.

D'autres salles sont consacrées aux vases grecs, aux figurines en terre cuite, aux bijoux, aux arts mineurs ainsi qu'aux antiquités chypriotes et égyptiennes. Elles permettent d'aborder des aspects plus quotidiens de la société antique : religion, banquet, sport, guerre, parure, commerce et pratiques funéraires.

Sources : Musée archéologique national d'Athènes – site officiel ; This is Athens – Musées et antiquités ; Visit Greece – Musée archéologique national ; Ministère grec de la Culture – Musée archéologique national.

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